Eviter l’isolement du dirigeant (3/6) : Mieux comprendre les relations interpersonnelles

Toute personne en situation de responsabilité développe des logiques différentes, oscillant entre le jeu de rôles, où l’on cherche à faire croire que l’on est tous unis vers des lendemains souriants, alors qu’on a déjà en tête les noms des prochains départs, et d’autre part une relation désincarnée où seuls comptent les résultats, avec parfois une brutalité d’une violence terrifiante, au sens propre, ou chacun peut être sidéré par la peur de se retrouver seul à seul avec le boss.

Y-a-t-il pour autant un modèle ? Non, j’ai croisé des dirigeants de tout ordre, et finalement leurs personnalités respectives, si diversifiées et parfois extrêmes passaient parfaitement dans le contexte où ils se trouvaient et étaient donc parfaitement acceptées des collaborateurs. Tout est question d’harmonie dans l’entreprise : on ne manage pas les hommes et femmes de la sidérurgie comme les ingénieurs d’un laboratoire. Ce truisme pour nous rappeler qu’il n’y a pas de véritables règles absolues et intemporelles régulant le comportement du manager.

Pour cette raison, le boss, à l’occasion d’un changement de poste, d’une nouvelle phase dans l’évolution de l’entreprise, ou d’une crise majeure, doit prendre le temps de se poser (éventuellement avec un coach) et s’interroger non pas sur son comportement en tant que tel, mais en tant que facteur de succès de l’entreprise.

Donc, en partant du principe que le patron, ou si vous avez un égo hyper-développé, le Lider Maximo, est sous pression, est meilleur que les autres (sinon il ne serait pas patron), et est forcément respecté (cf supra), nous allons pouvoir scanner les collaborateurs qui n’ont vraiment rien compris à son charisme incomparable pour ensuite les éclairer.

D’abord, quelles sont les attentes  des collaborateurs ?

On peut toujours reprendre la  bien connue pyramide de Maslow, mais nous allons nous focaliser sur la relation hiérarchique, en commençant par quelques citations :

Sun Tzu : « Par autorité j’entends les qualités de sagesse, d’équité, d’humanité, de courage et de sévérité d’un général »

De Gaulle : « Les hommes ne passent pas, au fond, d’être dirigés, non plus que de manger, boire et dormir. Ces animaux politiques ont besoin d’organisation, d’ordre et de chefs ».

Ces deux citations ne sont absolument pas incompatibles. L’une est orientée vers les relations avec le groupe, l’autre sur la direction à lui donner. En tout état de cause, le groupe a besoin de repères et surtout pas d’un chef versatile, pusillanime, énigmatique ou imprévisible. Bref, il doit être solide dans les tempêtes, on doit croire en lui.

Tout le problème du manager est de déterminer, à peu près objectivement si l’on croit en lui, s’il est ce point d’appui auquel chacun se raccroche dans les moments difficiles. Ce qu’il faut éviter, c’est se convaincre seul devant son miroir que l’on est le meilleur et qu’il en sera ainsi de toute éternité, voire que c’est génétique ! Mais comme on voit de tout, peut-être est-il préférable de préciser.

Une petite check-list pour le manager qui cherche à comprendre le regard de ses collaborateurs.

-Ai-je des contacts réguliers et informels avec toutes les catégories du personnel ?

-Est-ce que mon agenda permet ces contacts ?

-Échangent-ils librement avec moi, i.e. me posent-ils des questions qui grattent ?

-Quand je suis en discussion informelle au sein d’un groupe, est-ce que la conversation est animée sans que je  n’aie à intervenir ?

-Quelle tête font-ils quand je débarque à l’improviste ?

-Demandent-ils conseil sur des sujets plus personnels (évolution professionnelle), même s’ils sont à plusieurs niveaux en-dessous ?

-S’autorisent-ils des petites blagues à propos de mes traits de caractère…et surtout en ma présence ?

-Lors de réunions formelles les règlements de compte entre collègues sont-ils la règle, et si oui, laissé-je faire pour mieux régner ensuite ?

-Viennent-ils me voir spontanément pour demander un appui devant un cas difficile ?

-Ai-je dans ma propre structure des boîtes noires que j’ai les plus grandes difficultés à ouvrir ?

-Existe-t-il un mouvement centrifuge quand j’arrive à la machine à café, hormis les quelques fans qui restent toujours avec moi et que je vois déjà 10 fois par semaine ?

-Avec qui je déjeune à la cantine ?

Ce sont autant de questions légères et simples mais qui doivent permettre de réfléchir à la nature des relations hiérarchiques dans l’entreprise. Cette liste sommaire peut d’ailleurs s’appliquer à n’importe qui dans l’entreprise !

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