Le respect de la parole donnée dans l’exercice du leadership

Il y a quelques semaines, je rendais visite à un proche qui tient un emploi de secrétaire dans une PME récemment créée et en pleine expansion. Il m’explique que ses employeurs, pour les encourager les équipes et les conduire à la performance, fait des promesses de primes, d’intéressement, de promotions et explique aux premiers entrés qu’ils seront l’encadrement des futures recrues.

Jusque-là, rien à dire, mais vraiment rien à dire : le super-discours des mecs bien qui ont lu tous les bouquins qui vont bien et ont super-préparé leur business plan. Et effectivement, ils sont bons, très bons : en ces temps difficiles, leur entreprise se développe et depuis trois ans leur effectif est passé de 10 à plus de 50. Chapeau.

Mais il y a quand même peut-être quelque part un hic : il semble, aux dires de ce proche, que les promesses d’antan ont été quelque peu négligées, qu’aux nouveaux arrivants on attribue, en raison de leurs compétences des postes promis aux soutiers des débuts. Encore une fois, ne pas tenir une promesse n’a rien de choquant, car les circonstances changent et il faut bien s’y adapter et recruter des compétences pour les employer en conséquence est un signe de bonne santé mentale.

Pourtant, il est un point qui m’interpelle : parmi les reproches que j’ai entendu à propos de ces employeurs, un seul m’a interpelé, celui du respect de la parole donnée, et surtout, avoir le courage de dire pourquoi on ne peut pas ou ne veut pas la respecter.

Toute personne qui occupe ou a occupé des responsabilités connaît le lot de contingences apportées par le quotidien. Donc, se dédire n’est finalement pas si grave, si on tient compte ne serait-ce que d’un seul point : la parole du dirigeant n’est jamais gratuite. Chaque mot a son sens et pèse. Les mots du dirigeant apportent de l’espérance, permettent d’investir dans une maison, de rassurer la famille, de penser demain. De même, les mots peuvent faire un mal insigne, par leur violence sournoise, surtout prononcée par une personne assise sur son autorité.

Décider, trancher, y compris durement, seront toujours mieux compris si la parole a toujours été vraie.

La crédibilité du dirigeant passe par là. Mais au fait ces efforts sont-ils bien nécessaires, si le chiffre d’affaire suit ?

Je pense que l’impact de ce genre de comportements est relativement faible en termes de C.A, ou du moins difficilement chiffrable en Euros. On le distingue un peu mieux par le turn-over ou le taux d’arrêts de travail. Après tout, on va continuer à bosser, surtout quand on voit le taux de chômage.

En revanche il conviendrait alors de s’interroger sur la loyauté des collaborateurs, sur leur adhésion au projet d’entreprise et donc leur motivation à dépasser leur fiche de tâche. On pourrait aussi s’interroger sur la fidélité des plus performants à leur entreprise. Et puis, si le salarié a l’impression qu’on se moque de lui, en quoi devrait-il être franc et droit ?

En résumé, au moindre coup de tabac, toutes les relations sociales peuvent partir en quenouille et accompagner, voire accélérer la chute de l’entreprise par la multiplication des problèmes de management. Et encore je crains que certains patrons (certainement très rares) ne s’en aperçoivent même pas et considèrent alors qu’ils sont entourés de c…

Mais il en est ainsi.

Publicités

Une réflexion au sujet de « Le respect de la parole donnée dans l’exercice du leadership »

  1. Ping : Le Réseau, Clé de la Survie Professionnelle | Développement du Leadership

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s