Eviter l’isolement du dirigeant (5/6) : être plus proche de son assistant personnel que de son conjoint

Etant partisan de l’égalité professionnelle homme-femme, je laisserai volontairement au masculin les termes de « dirigeant » ou « assistant personnel ». Libre à chaque lecteur de les mettre au genre qui l’intéresse.

Ayant récemment coaché une amie assistante personnelle qui se trouve actuellement en conflit avec son cadre dirigeant, il m’a semblé nécessaire de reprendre ma série sur l’isolement du dirigeant en m’attachant au rôle de cette pièce maîtresse du dispositif d’une entreprise.

Tout conjoint qui lira ce titre me sautera immédiatement à la gorge, pris ou prise par la rage de ne plus être au premier rang dans la vie de son mari ou femme dirigeant d’entreprise. Pourtant, je ne fais qu’exprimer là une vérité bien établie et qui protège le conjoint et la cellule familiale des soubresauts de la vie professionnelle chaotique et tourmentée du dirigeant.

La stabilité de la cellule familiale doit être préservée.

Le quotidien du dirigeant est soumis à de nombreuses contingences, génératrices d’un stress énorme qu’il conviendrait d’éviter de transmettre à la famille, car elle n’est en règle générale en rien responsable de la situation au travail. Même si couper totalement entre l’activité professionnelle et la vie privée est excessivement difficile, tout au moins convient-il de limiter les perturbations que le travail peut avoir sur les proches.

Et c’est là tout le rôle de l’assistant personnel : certes organiser le quotidien du dirigeant, mais aussi atténuer les soubresauts de sa vie, par le maintien de son équilibre personnel.

Savoir prendre les confidences du dirigeant avec la distance professionnelle nécessaire.

L’exercice du pouvoir conduit inévitablement à une forme de solitude que les comités, réunions diverses ne peuvent compenser, car tout relâchement, toute parole non-maîtrisée feront l’objet de spéculations et de positionnements et pourront avoir des implications sur les équilibres de l’entreprise par les réactions qu’il suscitera dans les équipes.

Dans un tel contexte, l’assistant personnel devient rapidement la première confidente des joies, des peines, des frustrations…et malheureusement trop souvent, l’exutoire de colère qu’on ne peut diriger vers leur cible.

A cela, il faut ajouter un phénomène de mimétisme, où l’assistant personnel cherche à anticiper les attentes et les réactions de son chef ; il s’identifie tant à son patron que les collaborateurs et autres interlocuteurs ne s’y trompent pas, tous cherchant à entretenir les meilleures relations du monde avec ce point de passage obligé, qui gagne alors le doux surnom de « cerbère », « âme damnée », bref de quoi se faire des amis.

Dans un tel contexte, la condition absolue du maintien de relations saines et étanches entre ces deux partenaires qui fonctionnent en tandem, est l’établissement d’une distance professionnelle constante, véritable cordon sanitaire qui permettra d’éviter toute confusion ou inversion des rôles !

Cette relation si particulière et unique acceptée et assumée, l’assistant personnel pourra alors tenir toute sa place d’interface avec la famille du dirigeant, et ce sur plusieurs points.

L’assistant personnel, interface avec la famille.

Pour épargner à la famille les soubresauts du quotidien et qui pourraient donc la déstabiliser, l’assistant personnel pourra se positionner en interface entre les conjoints, sans pour autant être intrusif. La frontière est extrêmement délicate à trouver et est entièrement affaire de tact ; ce qui n’est pas donné à tout le monde !

Concrètement cela pourra prendre forme par une relation informelle avec le conjoint du dirigeant, et ainsi pouvoir l’appeler pour l’informer le plus tôt possible d’un changement de programme, d’une activité sociale à laquelle le couple devra se rendre. Mais aussi quand le dirigeant n’est vraiment pas joignable, il s’agira de prendre des communications même assez personnelles pour les lui retransmettre avec une amitié distante.

Mais il ne s’agit que d’exemples sans intérêt.

L’essentiel reste la construction d’une relation marquée au coin des qualités suivantes :

-l’estime réciproque, chacun devant croire en ce que l’autre apporte de positif à l’œuvre commune.

-la franchise, en toute sérénité et sans acrimonie, pour ne pas laisser la proximité d’une telle relation se dégrader par des non-dits.

-la complicité pour que l’un et l’autre puisse se comprendre à demi-mots et ainsi gagner un temps précieux tout en diminuant le stress engendré par la pression.

-le respect absolu de la vie privée de chacun, au sens que l’un et l’autre étant également dévoués à leur mission, il conviendra de lui permettre de conserver ses grands équilibres.

Et enfin, ne jamais laisser se dégrader une relation et s’il le faut, savoir l’interrompre avant que la mésentente dans ce tandem ne provoque sa désintégration au détriment de l’entreprise.

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