C’est dans les Moments de Crise que le Dialogue Interne est Vital

A l’occasion de la rentrée, je voudrais commencer par un article basé sur l’histoire de l’armée allemande, écrite par Jacques Benoist-Méchin. Poursuivi à juste titre après la IIe Guerre mondiale pour faits de collaboration avec l’ennemi, sa lecture n’en a pas moins été recommandée par le général de Gaulle.

BM


On entend souvent dire que la concertation, le dialogue, l’écoute ne sont guère possible en situation de crise. Dans ces moments-là, on exige au contraire l’Union Sacrée autour du chef charismatique. Bon, c’est vrai, que c’est compliqué de tout discuter, négocier alors que la maison brûle. On préfère alors aller directement à l’essentiel. Pourtant, il existe un exemple fort de l’importance du dialogue entre les différents niveaux hiérarchiques, justement quand la maison brûle.
En décembre 1918, alors que l’armée allemande vaincue sur le front Ouest retourne sur son territoire, la révolution éclate. Le général Maercker, désireux d’engager le combat contre ceux qu’il juge être des ennemis de l’intérieur, projette alors de conserver sous les drapeaux ses unités qu’il est en train de démobiliser. Cependant, il faut convaincre ces soldats battus de reprendre le combat, qui plus est dans une guerre civile, sans aucune garantie sur leur avenir. Il met alors en place des structures de dialogue qui pourraient se rapprocher d’un comité d’entreprise, en se disant que la contrainte serait vouée à l’échec.
Cette structure s’appuie sur les « hommes de confiance », simples soldats élus par leurs pairs, et dont les prérogatives sont particulièrement étendues :
-Ils gèrent le ravitaillement quotidien et les cantines, qui permettent d’améliorer le quotidien ;
-Ils jouent un rôle consultatif pour toutes les questions relatives au bien-être de la troupe ;
-Ils servent de relais à toutes les doléances de leurs pairs à l’égard de leur hiérarchie ;
Ces dispositions, extrêmement novatrices, se révèlent répondre aux aspirations profondes de la troupe, qui accepta de suivre le général Maercker dans cette nouvelle guerre. Elles servirent ensuite de cadre pour la définition des relations hiérarchiques dans ce qui allait devenir la Reichswehr, le noyau des armées qui envahirent ensuite l’Europe.
Qu’en déduire ? Qu’il est préférable de s’éloigner de l’image du leader suivi par toutes ses troupes enthousiastes et unanimes. Si c’est effectivement le cas, cela peut vouloir dire que sous la surface des choses se cache peut-être une structure de dialogue social marquée par le respect profond à l’égard des soutiers de l’entreprise.
Mais j’en conviens, un tel état d’esprit collectif orienté vers un même but ne se construit pas en un jour, et le succès n’est jamais définitif : il s’agit là d’un effort quotidien.

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