Business et amis: rester authentique pour construire une relation durable

L’authenticité dans les relations interpersonnelles, mais aussi entre partenaires commerciaux ou groupes humains, est souvent la première victime des succès à court terme permis par le clinquant de discours emphatiques et pleins de promesses, destinés à masquer à nos interlocuteurs la réalité de notre pensée et de notre intention.

20141123_205818

Dans le fond, cette manière de faire ne me choque pas lorsque l’on est dans une relation à court terme, où le gain immédiat l’emporte sur toute autre considération. « Les affaires restent les affaires » diront les plus pragmatiques. Pourtant, il me semble que si l’on veut construire dans le long terme, au-delà des succès sans lendemain, la cohérence entre le  propos et l’action reste essentielle.

Les conséquences possibles des incohérences entre le discours et l’action.

La crédibilité du langage commence par la mise en cohérence du diptyque Discours-Action. En gros, je dis ce que je fais, et je fais ce que je dis. La nature étant bien faite, si l’on ne se soucie pas de cette unicité entre le discours et l’action, leur divergence les éloigne naturellement et finit par être repérée, d’abord par une frange de sceptiques, puis par une proportion de plus en plus large de notre public. Ce phénomène n’est pourtant pas automatique : lorsque notre interlocuteur a un intérêt à croire à notre discours, il le fera quel qu’en soit le caractère farfelu. En effet, la crédulité a pour avantage qu’elle permet à chacun de rester dans des schémas intellectuels conformes et donc rassurants, d’éviter les questions et la part d’inconnu que les réponses peuvent dévoiler.

Une telle situation peut même perdurer des années, à la plus grande satisfaction de tous. Nous avons tous voté pour des partis politiques dont on se doutait que le programme était totalement irréaliste, mais bon, on y croyait encore quelque part, à ces promesses d’ivrogne. Viktor Klemperer l’a très bien illustré dans L.T.I, un de mes ouvrages de référence.

L’intention : garante de la cohérence entre le discours et l’action.

La cohérence entre le discours et l’action est grandement facilitée lorsqu’elle s’appuie sur une intention claire et sans ambiguïté. Je ne prétends pas que cette intention doive nécessairement être dévoilée à notre interlocuteur. En effet, on peut très bien s’appuyer initialement sur une intention stratégique, plus générale, et pour y parvenir, avoir développé une panoplie d’intentions à court terme qui ont pour principale qualité de s’assurer que notre discours et nos actions restent en phase, tout en gardant en perspective les invariants.

Le but essentiel de l’intention reste de définir un cadre  à la fois suffisamment large pour s’adapter aux circonstances et relativement précis, pour que l’on puisse toujours s’assurer de l’alignement entre nos actes et nos propos. Ce point est d’autant plus important si nous impliquons des tiers dans cette démarche. En partant du principe que nos relais nous sont loyaux, les couacs à répétition sont d’ailleurs la meilleure illustration des incohérences de ce triptyque Intention-Action-Discours.

L’intention doit-elle être communiquée ?

Sur ce point, je serai assez réservé, voire partagé. Tout est affaire de circonstances et de confidentialité. En effet, l’intérêt général peut conduire à diminuer les facteurs anxiogènes et donc à minimiser la gravité de certaines situations. Si on a de bonnes chances de passer l’épreuve en toute discrétion, après tout, il n’y a pas de mal.

Pourtant je reste réservé. Nous avons tous dans notre premier cercle relationnel, personnel comme professionnel), des proches qui nous connaissent mieux que nous ne le supposions. Dès lors, si nous sommes en général cohérents, et c’est préférable, ils vont de suite deviner l’intention qui relie nos propos et nos actes. Pour cette raison, je préfère mettre dans la confidence un petit groupe trié sur le volet qui me servira ensuite de relais, renforçant ainsi la cohérence de mon discours vers un auditoire plus large. D’ailleurs ce même comité d’intimes me permettra de valider la justesse de mon raisonnement et de mon argumentation, appuyant ainsi ma crédibilité.

En revanche, je peux conserver dissimulée une intention stratégique, due aux informations que je possède et ne peux dévoiler, notamment lorsque la marge d’incertitude est trop grande. Pourtant, lorsque les objectifs seront atteints, il conviendra de me confier au premier cercle la machination qui a contraint à  le laisser hors de la confidence. Pour une raison simple, si nos plus proches ont le sentiment d’avoir été manipulés, ils pourront progressivement développer haine et mépris à notre égard et il sera ensuite impossible de compter sur leur complicité lorsqu’on voudra monter une nouvelle affaire alambiquée à souhait.

Tout cela pour dire que la cohérence entre ce que je pense, ce que je dis et je fais est un élément essentiel de la crédibilité du leader. Evidemment  à condition que tout cela serve l’intérêt général et non pas les objectifs personnels et individuels du manager en question !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s