Pourquoi certains dirigeants sont-ils souvent sinistres, malgré leurs succès ?

Les cadres dirigeants sont une espèce étrange. Très étrange. Ils ont tout réussi dans la vie, ils mènent une existence confortable ; ils ont des amis de haut niveau avec lesquels ils peuvent partager leurs pensées les plus intimes. Mais aussi, ils se savent en danger permanent, toujours sur la brèche, sous la pression constante de leurs supérieurs ou des actionnaires, ils stressent à mort, mais ne peuvent se passer ni de cette adrénaline, ni des sensations indicibles que donne le pouvoir. Le prix qu’ils ont payé pour atteindre les sommets a été immense. Toujours. Le prix qu’ils paient chaque jour pour y rester est énorme. Ils apprennent à rester en place, quel que soit le prix pour eux… et pour les autres !

Pourtant ils m’intriguent par leur tristesse, leurs sourires figés, leur indifférence aux instants fugaces où une situation cocasse mérite plus le rire que leur colère manifeste ou leur impatience mal contenue.

Oui, je le dis haut et fort : quel dommage, quel gâchis !

Ces hommes ou ces femmes ont été faits rois ou reines et ont le pouvoir de faire et défaire le destin de leurs collaborateurs, ils croisent votre chemin sans même vous remarquer, leur pensée noyée dans des enjeux que le commun des mortels ne pourrait comprendre, leurs traits marqués par les épreuves et la pression quotidienne.

Pourtant, pourtant, ils savent se distraire, rire, notamment avec leurs amis, leurs proches. Alors pourquoi sont-ils tellement sinistres face à leurs équipes, leurs collaborateurs ?

Je crains que ce ne soit la peur. La peur que leur autorité et leur légitimité ne soient remise en cause par un sourire. La peur que leur crédibilité ne s’évanouisse à jamais perdue dans les brumes insondables de la gentillesse et donc de la faiblesse.

En fait l’ouverture aux autres, la capacité d’écoute, l’empathie sont autant de dangers pour le dirigeant : s’ouvrir, entendre, ressentir apportent le risque de se laisser convaincre, de douter de ses choix, de ses décisions. Quel est le danger ? Celui d’échouer dans sa mission par manque d’audace, par manque d’énergie, par manque d’autorité. En poursuivant le raisonnement, ces attitudes pleines de morgue sont donc souvent l’expression d’un manque de confiance en soi, d’assurance dans la puissance de son propre raisonnement. On se protège donc, comme on peut, maladroitement, en se coupant des autres.

Une telle attitude peut ainsi être considérée comme la conséquence d’un exercice solitaire du pouvoir, avec les perspectives subjectives, parcellaires et biaisées que cela induit. On y voit aussi la trace de l’arbitraire, du manque de dialogue, de la faiblesse de l’implication des équipes en soutien du dirigeant.

Bref, ce peut être la marque d’une organisation dysfonctionnelle.

C’est triste, non ?

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