Assumer la diversité de sa personnalité et en faire une richesse.

Il nous arrive de croiser des personnages qui se veulent monolithiques, jusqu’à en devenir caricaturaux. Ce sera par exemple le chef exemplaire en tout, véritable ascète et athlète du leadership, jamais pris par le doute, exprimant toujours la même énergie et la même force de caractère, quelles que soient les circonstances, les plus légères, comme les plus pénibles.

Ah que ces personnalités sont reposantes  et confortables : aucune surprise, aucune faiblesse, que des certitudes et des affirmations, jamais d’interrogation. On se les arrache, je vous dis.

Mais pourtant dans l’article sur l’irrationalité de notre pensée (lien), je ne craignais pas d’affirmer que tout cela était finalement surfait.

La scène intérieure

Un des psychothérapeutes allemands les plus connus, Friedemann Schulz von Thun (son site), se fait même le chantre de la diversité et des multiples visages que peut prendre notre personnalité. Dans « Das Innere Team », ou l’équipe intérieure, il part du postulat que notre personnalité est en fait composée de plusieurs personnages, chacun ayant son rôle, son passé, son histoire. En fonction des circonstances, ces personnages sont appelés sur le devant de la scène, seuls, en duo ou à plusieurs. On pourra y trouver le Petit-Garçon-Timide, le Monsieur Je-sais-tout, le Casse-Cou, le Parfait-Homme-d’Intérieur (on peut toujours rêver), etc.

Das innere team

L’organisation de nos existences, nos ambitions, notre environnement nous conduisent alors à donner le statut de star à un personnage précis, par exemple le Chef-Exigeant, ou à un duo, comme le Travailleur-Infatigable qui fera un numéro de duettistes avec le Chef-Exigeant.

Rejeter notre diversité n’est pas sans risque

Les autres personnages, les seconds rôles, qui pourraient contredire ou affaiblir les stars sont laissés dans l’ombre et parfois même relégués, désœuvrés, dans les coulisses. Mais ils risquent alors de se manifester de manière inattendue (l’oisiveté étant mère de tous les vices) et de brouiller notre image. Pour nous protéger, nous mettons alors en œuvre des chiens de garde, sorte de vigiles peu amènes, qui ont vocation à dissuader celui qui tenterait de percer nos secrets et de découvrir ces personnages qui font autant de bruit en coulisses.

Exemple de visualisation. Crédit: http://www.inneres-team.de/

Exemple de visualisation.
Crédit: http://www.inneres-team.de/

Plaidoyer pour une diversité apaisée

Ce que suggère donc Schulz von Thun, c’est d’assumer notre diversité individuelle, d’accepter que nous ne sommes pas un, mais plusieurs et d’en faire une richesse, une ouverture vers les autres, bref de les faire travailler en équipe. Certes, il n’est pas besoin de faire appel à tout le monde en permanence. Il s’agit juste d’accorder à chacun de nos personnages sa part de soleil, au gré des circonstances. Cette relation apaisée avec les différents volets de notre personnalité atténuera nos contradictions internes et permettra d’éviter, ou de moins de mieux réagir, à nos sautes d’humeur, coups de sang, crises de timidité ou d’agressivité, car nous en saurons l’origine, les conditions dans lesquelles elles prennent le pas sur nos autres traits de caractères.

A défaut de coach à portée de main, prenez donc une feuille de papier et essayez d’imaginer librement votre diversité, votre multiplicité, et vous verrez comme c’est au départ surprenant, dérangeant, puis comme cela vous fera sourire et vous permettra d’assumer votre richesse, source de rayonnement.

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