JCVD : le grand écart managérial.

Voici donc un 2ème article consacré à Jean-Claude Van Damme pour décrire toute la difficulté du rôle d’un manager. Cette fois-ci, c’est la vidéo du grand écart entre deux camions Volvo, l’Epic Split, vue plus de 83 millions de fois (on n’aurait pas dit, hein ?), qui m’inspire.

Première étape, la regarder et savourer la musique. Ensuite nous reprendrons le texte et les images.

Le caractère se forge à travers les épreuves

Jean-Claude Van Damme, JCVD pour les fans, ouvre la séquence en parlant de sa vie mouvementée, avec ses revers et ses échecs, qui, ensemble, ont fait de lui celui qu’il est aujourd’hui et lui ont donné le courage de s’attaquer à ce défi.

Au passage, on peut constater que cette valorisation de la chute est suffisamment rare pour mériter d’être relevée et faire de mon idole un exemple (mais pas en tout, on est bien d’accord).

Accepter ses échecs, regarder ce que l’on peut en tirer pour avancer, savoir s’en inspirer, dignement, sans honte ni détachement, sereinement, c’est cela qui nous rend plus fort et surtout pas leur négation.

En effet, les mettre sous le boisseau ne permet que de se rassurer en se persuadant que tout est derrière et passé par pertes et profits. Au contraire, un échec cinglant et non assumé peut déclencher un mécanisme de paralysie, si l’on devait être de nouveau confronté à une situation similaire.

Cette angoisse de la répétition nous entraîne alors à rester dans une zone de confort toujours plus étriquée. Pourquoi est-elle toujours plus resserrée ? Voulant oublier nos échecs, nous refusons de nous y confronter et laissons en revanche fermenter les émotions au plus profond de notre mémoire. Par l’effet du temps qui passe, les contours de cet échec deviennent plus vagues, moins faciles à appréhender et fuyant la répétition de nos propres faillites, nous nous éloignons toujours plus de ce brouillard, réduisant d’autant notre liberté d’action.

Le management est l’art de concilier les paradoxes

Tout l’art du manager est de concilier les intérêts de l’entreprise avec les attentes des salariés, ou des clients, de maintenir l’équilibre entre des activités ou des services qui ont des objectifs divergents. Mais ce n’est pas ce que je retiendrai de cette image des deux camions qui s’écartent puis gardent une trajectoire parfaitement parallèle.

Un manager qui délaisserait un des piliers de l’entreprise par affinité personnelle romprait aussitôt un équilibre délicat : JCVD prend appui sur un seul camion, l’intérêt même de la pub disparaît, et l’autre camion peut diverger, sans que cela n’affecte le manager, entièrement focalisé sur la trajectoire du premier poids lourd, mais sans être pour autant aux commandes. Il en va de même dans une entreprise : dès lors que l’on délaisse certains secteurs, les managers renforcent leur autonomie et peuvent partir sur des trajectoires que l’on ne peut plus rattraper. Pour autant, JCVD ne peut non plus tout contrôler : sa posture même, en appui sur les deux rétroviseurs, le place en situation vulnérable. Il a donc impérativement d’avoir confiance dans les conducteurs.

Le management, c’est d’abord une histoire de confiance

La première chose est que JCVD accepte de ne pas tout contrôler et délègue en confiance… sinon, crac, il finit écartelé tel Ravaillac ou pour le moins il s’écrase lamentablement sur le bitume. Quel manager peut effectivement dire qu’il contrôle absolument tout et n’a pas besoin de faire confiance au moins de temps en temps ? La confiance réciproque, l’acceptation de l’absence de contrôle, sont fragiles et contingentes, l’alchimie d’une équipe pouvant être remise en question par de multiples facteurs dont nous ignorons même l’existence.

Le deuxième point concerne la coordination entre les protagonistes, JCVD et les deux conducteurs. Sans un mot, chacun exécute à la perfection la tâche qui lui est confiée, tout en gardant le sens de l’intérêt commun. Parfois dans une organisation, administration, comme entreprise, on perçoit ces moments d’harmonie dans une équipe, que l’on sait alors prête à tous les exploits.

Mais on n’y arrive pas par hasard…Volvo Trucks a choisi des conducteurs de haut vol, JCVD est connu pour son grand écart, la volonté de réussir est partagée par tous et chacun reste à sa place… Une équipe, ça se construit, et c’est aussi une affaire de temps, pas seulement de talent.

 Et à quoi ça sert ?

Eh bien, de temps, quand on est manager, on a envie de baisser les bras. Les difficultés s’accumulent, les positions des uns et des autres deviennent inconciliables, souvent pour des histoires de testostérone. On fait en permanence le grand écart entre vie privée et contraintes professionnelles, sans être reconnu, ni dans l’un, ni dans l’autre.

C’est dans ces circonstances que cette vidéo de JCVD m’apporte le plus de réconfort, quand je me dis qu’après tout, tout le monde n’est pas Jean-Claude Van Damme, et que je ne suis pas le seul dans ma galère managériale…

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